Carole

Je les entends encore,

Les gémissements éperdus de mon aïeule,

Un matin sinistre d’avril où Carole s’est éteinte.

Dans une eau glauque et malvenue

Elle a rendu son souffle, la libellule.

Un matin brumeux et glacé,

Sur une route mouillée…

Tout juste aura-t-elle eu le temps de s’étourdir

À son dernier crépuscule.

Tôt le matin,

Précipitée dans une mare hostile,

Carole s’est noyée,

Le même jour et à la même heure

Que lorsqu’elle était née…

Tout juste aura-t-elle eu le temps de boire

Les premières minutes

De son dix-neuvième printemps.

Je les entends encore,

Les gémissements éperdus de mon aïeule,

Un matin sinistre d’avril où Carole s’est éteinte.

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